Lundi 15 mars 1 15 /03 /Mars 22:38

Thèbes, mon dernier jour,

 

Mon cher Hémon,

 

Je ne sais plus quel jour il est, j’ai arrêté de les compter, de suivre, d’y croire. C’était en mon devoir de l’enterrer, oui Hémon, je l’ai fait. Jai enterré mon frère Polynice ce matin, dès le lever du soleil. Les dés étaient jetés depuis longtemps. C’était mon destin.

      Je suis désolée de te quitter si vite et si tôt. Je t’écris ici, avec ce garde à mes côtés qui te donnera cette lettre après ma mort. Oh ! Hémon, si tu savais combien j’ai douté ! Je ne laissais rien paraître et me faisais passer pour une déterminée et pourtant !

      Tu me comprends  lorsque que je te dis qu’il me la fallut ! Tu n’as toujours pas compris ? Comme lorsque tu me consolais pendant mes jours de détresse où je pensais plus qu’avant à mon père. Il fallait que j’y aille juste faire une prière, juste une poignée de terre…

      Je ne pouvais pas me permettre de le laisser vivre parmi les vivants. Premièrement, si mon père, la disgrâce de Thèbes, avait su, il m’aurait fait comme lorsque j’étais petite et qu’il était naïf. Il m’aurait grondée puis m’aurait enfermée dans ma chambre.

      Ensuite, tout au long de ma vie, j’ai vécu sans liberté. Mais je devais rompre cette chaine, cette loi, cette injustice ! Comme un chien que l’on accroche devant un immense morceau de viande en lui interdisant de le manger !

     Finalement, on m’a toujours traitée de folle après quoi, on m’a rabaissait à l’école, en danse et tout le reste.

     Mais qui sait, peut-être que je suis folle.

 

      Hémon, pardonne-moi, pardonne-moi. Si tu savais la tristesse qui m’envahit de te quitter. Quand tu recevras cette lettre je serais sûrement morte, c’est mon sort, mon destin. Je l’ai choisi. Je retrouverai bientôt Polynice de l’autre côté. Je meurs avec le seul regret de ne pas être là plus longtemps. Je veux que tu aies un fils comme nous l’avions imaginé. Je ne comprendrai jamais pourquoi tu m’as choisie ce jour- la. Cette nuit-là, où l’orchestre n’avait jamais aussi bien joué. Pourquoi m’as-tu choisie ? Ismène était pourtant la plus belle, elle l’a toujours été. Et pourtant tu m’as choisie. Je n’ai jamais compris pourquoi. Je suis désolée pour toutes les immondices que je t’ai dites. Hémon, tu te rappelles ? Tu me demandais pourquoi je ne te disais pas que je t’aimais ? C’est parce que j’avais peur. Oui, moi, Antigone, j’ai eu peur, si peur de te le dire que je restais silencieuse devant toi. Et pourtant lorsque je suis partie au lever du soleil enterrer Polynice  je m’en suis rendu compte. J’étais libre ! C’est pour cela que je te le dis pour la première et dernière fois : je t’aime, tellement que je pourrais en mourir … Je souhaiterais juste que ces mots soit prononçaient par mes lèvres que par l’encre de ma plume.

Pardonne-moi.

Ta bien aimée,

Antigone

 

Par anne-sophie
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